ENTRE LA TERRE ET L’EAU :
UN MONDE À PROTÉGER...

Sur notre planète, il existe deux grands milieux : le milieu terrestre et le milieu aquatique. Les milieux humides s’avèrent être un compromis entre les deux. C’est ce qui explique toute leur richesse et toute leur importance.
Les milieux humides sont des écosystèmes très diversifiés et des plus productifs. Ils constituent un habitat très recherché par une multitude d’espèces animales et végétales. Une grande quantité d’animaux naissent, vivent ou se reproduisent dans un milieu humide. Ils utilisent un grand nombre de ses ressources, allant de la nourriture jusqu’aux matériaux de construction pour leur nid, abri ou tanière. De la grenouille au castor, du grand héron à la libellule, des quenouilles aux orchidées, les milieux humides foisonnent de vie !
Les types de milieux humides
Parfois herbeux, parfois boisés, ces milieux revêtent des aspects si différents qu’on a peine à les reconnaître. On regroupe ces habitats en quatre grands types : l’étang, la tourbière, le marais et le marécage.
Pointe du Bout d'en Bas ©CRE-Cn |
L’ÉTANG : Petit bassin bien défini occupé en permanence par de l’eau stagnante. Ses seuls apports d’eau sont ceux des pluies et de la fonte des neiges.
LA TOURBIÈRE : Écosystème particulier composé de plantes adaptées à un milieu gorgé en eau et dont les débris s'accumulent. La lente décomposition de ces éléments produit de la tourbe. Ce milieu est généralement pauvre en nutriments et le taux d’acidité y est élevé.
LE MARAIS : Endroit qui favorise une végétation d’herbes, de quenouilles et d’autres plantes flottantes (nénuphars) ou submergées.
LE MARÉCAGE : Plus boisé qu’un marais, il connaît souvent de grandes fluctuations du niveau d’eau.
Les milieux humides assurent plusieurs rôles profitables tant pour la qualité de vie des êtres humains que pour celle des animaux et des plantes qui y vivent. Ils sont à la fois régulateur, barrière, filtre et abri.
RÉGULATEUR : Les milieux humides agissent comme des éponges géantes qui retiennent l’eau lors de fortes pluies ou de la fonte des neiges et qui la libèrent lentement lors de la saison sèche. C’est en grande partie grâce à ce mécanisme que les dommages liés aux inondations sont limités et que les cultures résistent aux sécheresses.
BARRIÈRE : En plus de fixer les sols, la végétation présente dans les milieux humides ralentit le débit des eaux de surface et diminue l’érosion des berges quand le niveau d’eau est élevé.
FILTRE : Les milieux humides agissent comme des usines d’épuration des eaux usées. La végétation filtre l’eau des lacs et des rivières et retient les sédiments en suspension, ce qui améliore la limpidité de l’eau. D’autres plantes emmagasinent des polluants, comme le mercure, les phosphates ou l’azote, purifiant ainsi nos eaux usées.
ABRI : L’abri offert par le couvert végétal et la nourriture abondante et variée des milieux humides en font un lieu idéal dont plusieurs espèces animales et végétales dépendent. Les oiseaux en migration y font des haltes pour se refaire des forces avant de poursuivre leur voyage, alors que les poissons en font leur site de fraie et d’alevinage. Plusieurs espèces d’amphibiens comme les grenouilles ou les salamandres dépendent aussi des milieux humides pour leur survie.
[extrait de la Lettre du changement global(1)]
La biodiversité nous concerne pour trois types de raisons au moins. Tout d’abord, elle nous procure un certain nombre de biens qui possèdent une valeur économique directe, tels que la nourriture, de nouveaux médicaments, des gènes qui permettent d’améliorer les récoltes et des organismes utilisés en contrôle biologique.
Ensuite, elle est intrinsèquement liée au bien-être de l’homme pour des raisons éthiques, esthétiques, culturelles et scientifiques.
Enfin, elle peut contribuer à des «services» écologiques qui ne sont en général pas évalués en termes économiques, tels que :
* la production primaire et secondaire,
* la pollinisation des plantes,
* la régulation du climat,
* la régulation du cycle de l’eau,
* le maintien de la qualité de l’eau,
* le maintien de la fertilité des sols.
(1) Conséquences de l'érosion de la biodiversité sur le maintien des écosystèmes. 2002. M. Loreau. Extrait de La Lettre du changement global. Centre national de la recherche scientifique. no13.
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Salamandre cendrée ©CRE-Cn |
Au cours des dernières décennies, des milliers d’hectares de milieux humides ont été remplacés par des champs, des maisons et des routes. Encore aujourd’hui, un grand nombre de milieux humides se perdent aux dépens du développement urbain, agricole et industriel. Près de 70 % des milieux humides des régions habitées du Canada ont été rayés de la carte, en raison du développement urbain, agricole et industriel. (2)
(2) Environnement Canada, 1986, dans Rapport méthodologique de la cartographie des milieux humides du territoire de la Communauté métropolitaine de Québec. Rapport technique No Q2006-2f. J. Kirby et J. Beaulieu. Canards Illimités Canada – Québec, 2006
Les milieux humides de la région de la Capitale nationale sont grandement menacés par l’étalement urbain. Leur présence est essentielle autant à l’amélioration de la qualité de l’eau qu’à la conservation et la protection de la diversité biologique.
En ce sens, le Conseil régional de l’environnement – région de la Capitale nationale a initié le projet « Entre la terre et l’eau : un monde à protéger ». Ce projet invite les propriétaires à poser des gestes simples et à s’engager à la protection, la conservation ou la mise en valeur de l’étang, du marais, de la tourbière ou du marécage situé sur des propriétés privées.
Le projet permet :
d’évaluer la richesse des milieux humides forestiers de la région de la Capitale-Nationale afin d’augmenter nos connaissances, qui ne sont que partielles, à ce sujet;
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Cerf de Virginie ©CRE-Cn |
On passe à l’action!
Depuis 2002, le CRE rencontre plusieurs propriétaires ayant sur leur propriété un ou des milieux humides, afin de les inviter à participer au projet. Après avoir obtenu leur accord, le CRE réalise des inventaires fauniques et floristiques sur les zones humides visées afin de relever toutes les espèces présentes. Les données recueillies sont compilées, les observations notées et des recommandations sont par la suite formulées. Le tout est transposé dans un cahier que le CRE produit et remet à chacun des propriétaires, qui confirment leur engagement à l’égard de la conservation, la protection ou la mise en valeur de leur milieu humide.
Depuis 2002, le projet développé par le CRE a permis de protéger 87 milieux humides sur le territoire de la région. La superficie des zones protégées représente plus de 788 hectares! Ce sont 123 propriétaires qui ont signé des ententes de conservation volontaire.

Ce projet n’aurait pu être réalisé sans la participation financière d’Habitat Faunique Canada et de la Fondation de la Faune du Québec. Cette dernière a pu souscrire à notre demande dans le cadre du Programme Forêt-Faune, volet Milieux humides forestiers.
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