ENTRE
LA TERRE ET L’EAU : UN MONDE À PROTÉGER....
Projet de conservation et de mise en valeur
des milieux humides de la région

©Benoit
Couture
Qu’est-ce qu’un
milieu humide?
Sur
notre planète, il existe deux grands milieux : le milieu terrestre
et le milieu aquatique. Les milieux humides s’avèrent être
un compromis entre les deux. C’est ce qui explique toute leur richesse
et toute leur importance.
©Lily-Pierre
Lacerte |
Les
milieux humides sont des écosystèmes très diversifiés
et des plus productifs de notre province. Ils constituent un habitat très
recherché par une multitude d’espèces animales et végétales.
Une grande quantité d’animaux naissent, vivent et se reproduisent
dans un milieu humide. Ils utilisent un grand nombre de ses ressources, allant
de la nourriture jusqu’aux matériaux de construction pour leur nid,
abri ou tanière. De la grenouille au castor, du grand héron à la
libellule, des quenouilles aux nénuphars, les milieux humides
foisonnent de vie !
Les
types de milieux humides
Parfois
herbeux, parfois boisés, ces milieux revêtent des aspects
si différents qu’on a peine à les reconnaître. On regroupe
ces habitats en quatre grands types : l’étang, la tourbière,
le marais et le marécage.
L’ÉTANG : Petit bassin bien défini occupé en permanence
par de l’eau stagnante. Ses seuls apports d’eau sont
ceux des pluies et de la fonte des neiges.
LA
TOURBIÈRE : Écosystème particulier composé de
plantes adaptées à un milieu gorgé en eau et dont les débris
s'accumulent. La lente décomposition de ces éléments produit
de la tourbe. Ce milieu est généralement pauvre en nutriments et
le taux d’acidité y est élevé.
LE
MARAIS : Endroit qui favorise une végétation d’herbes,
de quenouilles et d’autres plantes flottantes (nénuphars) ou submergées.
LE
MARÉCAGE : Plus boisé qu’un marais, il connaît souvent
de grandes fluctuations du niveau d’eau.
À quoi
servent les milieux humides?
©Lily-Pierre
Lacerte |
Les
milieux humides assurent plusieurs rôles profitables tant pour la qualité de
vie des êtres humains que pour celle des animaux et des plantes qui y vivent.
Ils sont à la fois régulateur, barrière,
filtre et abri.
RÉGULATEUR : Les milieux humides agissent comme des éponges géantes
qui retiennent l’eau lors de fortes pluies ou de la fonte des neiges et
qui la libèrent lentement lors de la saison sèche. C’est
en grande partie grâce à ce mécanisme que les dommages liés
aux inondations sont limités et que les cultures résistent aux
sécheresses.
BARRIÈRE : En plus de fixer les sols, la végétation présente
dans les milieux humides ralentit le débit des eaux de surface et diminue
l’érosion des berges quand le niveau d’eau est élevé.
FILTRE
: Les milieux humides agissent comme des usines d’épuration
des eaux usées. La végétation filtre l’eau des lacs
et des rivières et retient les sédiments en suspension, ce qui
améliore la limpidité de l’eau. D’autres plantes emmagasinent
des polluants, comme le mercure, les phosphates ou l’azote, purifiant ainsi
nos eaux usées.
ABRI
: L’abri offert par le couvert végétal et la nourriture
abondante et variée des milieux humides en font un lieu idéal dont
plusieurs espèces animales et végétales dépendent.
Les oiseaux en migration y font des haltes pour se refaire des forces avant de
poursuivre leur voyage, alors que les poissons en font leur site de frai et d’alevinage.
Plusieurs espèces d’amphibiens comme les grenouilles ou les salamandres
dépendent aussi des milieux humides pour
leur survie.
Captivants
pour les humains?
Dans
les milieux humides, nous pouvons pratiquer une panoplie d’activités
et de loisirs. Plusieurs penseront à la pêche, au canot et à la
chasse, mais il ne faudrait pas oublier la baignade, l’ornithologie, l’observation
de la nature, la randonnée et la cueillette de canneberge et de bleuet.
Des
milieux en péril...
Au
cours des dernières décennies, des milliers d’hectares
de milieux humides ont été remplacés par des champs, des
maisons et des routes. Encore aujourd’hui, un grand nombre de milieux humides
se perdent aux dépens du développement
urbain, agricole et industriel.
Ces
milieux abritent également des animaux et des plantes qui sont menacés
d’extinction. Des bouleversements apportés à ces environnements
particuliers peuvent avoir des impacts considérables sur la survie des
espèces qui s’y trouvent et, dans certains cas, pourraient même être
la cause de leur disparition. C’est pourquoi il est urgent d’agir
et de protéger ces paysages d’une beauté exceptionnelle.
©Benoit Couture |
Des
milieux à protéger...
Les
milieux humides de la région de la Capitale nationale sont grandement
menacés par l’étalement urbain. Leur présence est
essentielle autant à l’amélioration de la qualité de
l’eau qu’à la conservation et la protection de la diversité biologique.
En
ce sens, le Conseil régional de l’environnement – région
de la Capitale nationale a initié le projet « Entre la terre et
l’eau : un monde à protéger ». Ce projet invite les
propriétaires à poser des gestes simples et à s’engager à la
protection, la conservation ou la mise en valeur de l’étang, du
marais, de la tourbière ou du marécage situé sur des propriétés
privées.

©Caroline Dubé
Objectifs
du projet
Le projet permet :
- d’évaluer
la richesse des milieux humides forestiers de la région
de la Capitale nationale
afin d’augmenter nos connaissances, qui ne sont
que partielles, à ce
sujet;
- d’accentuer
la conservation des milieux
humides en favorisant
des engagements de protection
se traduisant par la
signature d’ententes volontaires par
les propriétaires;
- de
préserver, voire
même d’accroître
la productivité faunique
et floristique dans
les milieux humides de la région de la Capitale nationale
en protégeant
et en valorisant ces
habitats et les espèces
qui y vivent;
- de
susciter un changement dans
le comportement
des intervenants
du milieu à l’égard
de la protection des
milieux humides, tant à des
fins écologiques
que sociales et économiques
par :
- la
sensibilisation et l’information des principaux
intervenants (propriétaires,
population environnante,
regroupements de citoyens riverains, municipalités,
instances gouvernementales,
etc.) à l’importance de ces écosystèmes
et aux actions
qu’ils
peuvent poser
pour leur préservation;
- le
développement
d’un partenariat entre
les différents
organismes
voués à la
protection, à la
conservation
et à la
mise en valeur
de ces milieux
et des ressources
qui s’y
trouvent en
plus de favoriser
le transfert
d’informations
recueillies
dans le cadre
de la
réalisation
du projet;
- si
possible,
une identification
de ces milieux
dans le schéma
d’aménagement
des MRC de
la région
de la Capitale
nationale,
en leur attribuant
un zonage particulier
pour la conservation.
On
passe à l’action!
Depuis
2002, le
CRE rencontre
plusieurs propriétaires ayant sur leur propriété un
ou des milieux humides, afin de les inviter à participer au projet. Après
avoir obtenu leur accord, le CRE réalise des inventaires fauniques et
floristiques sur les zones humides visées afin de relever toutes les espèces
présentes. Les données recueillies sont compilées, les observations
notées et des recommandations sont par la suite formulées. Le tout
est transposé dans un cahier que le CRE produit et remet à chacun
des propriétaires, qui confirme leur engagement à l’égard
de la
conservation, la
protection
ou la
mise en
valeur de
leur milieu
humide.

©Benoit Couture
Des
résultats
fascinants
Depuis
2002, le
projet développé par le CRE a permis de protéger
50 milieux humides sur le territoire de la région. La superficie des zones
protégées représente plus de 558 hectares! Ce sont 73 propriétaires
qui ont signé des
ententes de
conservation
volontaire.
Étant donné l’importance de conserver ces écosystèmes
fragiles que sont les milieux humides, le CRE entend poursuivre ce projet pour
une cinqième année consécutive.


©Benoit Couture |
Nos
partenaires
Ce
projet n’aurait pu être réalisé sans la participation
financière du ministère de l’Environnement et de la Fondation
de la Faune du Québec. Cette dernière a pu souscrire à notre
demande dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine,
du support financier d’Habitat faunique Canada et du Programme d’intendance
de l’habitat des espèces en péril d’Environnement
Canada.
Le
CRE
tient à remercier les bénévoles ayant participé au
projet : Monsieur Jean-Guy Picard, du Club des ornithologues de Québec
pour sa grande disponibilité, Messieurs Benoit Couture et Louis Bernatchez, biologistes et
photographes, pour le prêt
de plusieurs de
leurs magnifiques
photos.
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