Mise en contexte

Au cours du siècle dernier, de grandes superficies de milieux humides ont été remblayées, asséchées ou perturbées tout le long du Saint-Laurent. Sur la Côte-de-Beaupré, plus de 69 % des milieux humides ont été détruits depuis la colonisation. De plus, seulement le quart d’entre eux sont diversifiés, c’est-à-dire qu’ils sont composés de marécages comprenant des arbres et situés en bordure des marais à scirpe. Malgré leur importance et leur rareté, les derniers milieux humides sont toujours menacés.

Des habitats uniques avec une flore et une faune diversifiées

La Côte-de-Beaupré est bordée par le fleuve Saint-Laurent et par les Laurentides. Entre ces deux géants se trouve une mince bande de terre où la vie humaine côtoie les milieux humides sous l’influence des marées, lesquelles figurent parmi les plus importantes du Québec, atteignant jusqu’à 6,4 m. Ces fortes marées conjuguées à la faible pente du sol, conditions rares en eau douce au Québec, favorisent la création de vastes milieux humides qui se composent de marais dominés par le scirpe et de marécages pourvus d’arbres et d’arbustes. Souvent mal-aimés, ces milieux offrent pourtant des services aux humains et constituent de magnifiques espaces naturels. S’y attarder, c’est se donner la chance d’observer des milieux foisonnants de vie.

En effet, ces milieux sont essentiels à plusieurs espèces fauniques qui les utilisent comme lieu de reproduction, d’alimentation et d’abri. Par exemple, la grande oie des neiges se gave de scirpe lors de sa migration, les épinoches se reproduisent dans les ruisseaux côtiers et les dorés se nourrissent d’épinoches.

De plus, entre Trois-Rivières et Cap-Tourmente, le fleuve Saint-Laurent abrite 17 espèces de plantes en péril. L’une d’entre elles, la gentiane de Victorin, n’existe nulle part ailleurs au monde. On l’observe, vers la fin de l’été, lors des journées ensoleillées pendant lesquelles elle s’ouvre le matin pour se refermer vers 16 h 30, stimulée par les rayons du soleil. On retrouve également le magnifique lis du Canada qui rayonne de son orange vif en plein cœur de l’été. Cette plante est maintenant inscrite sur la liste des espèces susceptibles d’être menacées en raison de la perte de son habitat. Vous pouvez donc vous compter privilégié qu’elles habitent votre milieu humide… Protéger leur habitat, c’est assurer leur survie!

Projet de conservation volontaire et effort collectif

Les milieux humides de la Côte-de-Beaupré sont reconnus depuis longtemps pour leur grande valeur écologique. Toutefois, leur protection n’est pas assurée et c’est pourquoi plusieurs organismes se sont associés pour réaliser une campagne de conservation de ces milieux humides côtiers.

Notre projet rassemblait une coalition composée de l’Association des amis et amies du cap Tourmente (AACT), de Canards Illimités Canada (CIC), de Conservation de la nature Canada et du Conseil régional de l’environnement – région de la Capitale nationale, lesquels mettent leur expertise en commun afin de protéger cette richesse de notre patrimoine écologique. Cet effort collectif a donné lieu à plusieurs actions qui étaient regroupées en trois grands volets :

  • sensibiliser la communauté locale pour susciter sa participation à la protection des milieux humides;
  • accompagner des propriétaires riverains en leur fournissant des conseils et des outils adaptés à leur situation;
  • protéger les milieux au moyen de diverses options de conservation, dont la déclaration d’intention, la servitude ou l’acquisition

Les réalisations du CRE - Capitale nationale s’inscrivaient dans le volet protection par le biais de la déclaration d’intention dite de « conservation volontaire ». Ce projet visait à sensibiliser les propriétaires riverains aux éléments biologiques de leur propriété par le biais du cahier du propriétaire. Ce cahier était spécifique au milieu humide de chacun des propriétaires et renfermait une multitude de renseignements sur la faune, la flore et l’écologie de leur milieu ainsi que des recommandations qui les invitent à poser des gestes simples afin de protéger, de conserver ou de mettre en valeur leur propre milieu humide.

Résultats

Dans le cadre de la deuxième année du projet «Les battures de la Côte-de-Beaupré : une richesse à découvrir», le CRE - Capitale nationale a permis de sensibiliser 10 propriétaires de milieux humides sur le territoire de la Côte-de-Beaupré en leur faisant signer une entente de conservation volontaires. La superficie des zones protégées représente environ 50 hectares !

Cette phase porte à 26 le nombre total de propriétaires ayant été sensibilisés à la richesse biologique des battures de la Côte-de-Beaupré. Ensemble, cela représente 138 hectares de milieux humides côtiers qui sont protégés dans le cadre d’ententes de conservation volontaire.

Remerciements

Ce projet a été réalisé avec la participation financière de la Fondation de la faune du Québec, de Pêches et Océans Canada et son programme de Sensibilisation et d’information du public sur la protection et la conservation du poisson et son habitat.

Le CRE - Capitale nationale tient également à remercier les personnes qui ont collaboré de près ou de loin à notre projet : Jean-Guy Picard du Club des ornithologues de Québec (COQ), Benoît Couture, biologiste et photographe amateur, Louis Bernatchez, biologiste et photographe, Isabelle Parent et Françoise Gervais de Canards Illimités Canada (CIC), Patricia Désilet de Conservation de la nature, Lucie Roy, Nathalie St-Hilaire et Claude Tremblay de Pêches et Océans Canada (MPO), Nancy Hébert de l’Association des amis et amies du cap Tourmente, Nancy Dionne, biologiste du Conseil de bassin de la rivière Saint-Charles (CBRSC), Caroline Dubé ainsi que les nombreux propriétaires qui ont accepté de nous donner accès à leur précieux milieu.