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COMMUNIQUÉ Pour
diffusion immédiate Dépenser uniquement dans les routes, Québec, le 24 août 2001. Selon
le journal Le Soleil du 23 août 2001, les gouvernements de tous
les paliers (fédéral, provincial et municipal) dépenseront
en tout 100 millions de dollars pour le réseau (auto) routier dans
la région de Québec cette année, sans qu'aucun investissement
significatif ne soit consacré à l'amélioration des
transports collectifs et alternatifs!
Vivre en ville, le Conseil régional de l'environnement –
Région de la Capitale nationale (CRE-Capitale nationale) et le
Comité régional des usagers du transport en commun –
Table transport et aménagement (CRUTEC-TTA) trouvent inadmissible
qu'encore une fois, les transports collectifs et alternatifs soient négligés
au profit de « l'auto-solo ». Pour
Jérôme Vaillancourt, président du CRUTEC-TTA, « les
investissements pour remettre à neuf le réseau routier ne
règlent absolument rien car il est démontré que le
phénomène de congestion n'est repoussé que pour quelques
années. À moyen et à long termes, il faudra encore
réinvestir massivement pour refaire le même travail, c'est-à-dire
élargir, repaver, ajouter de nouvelles routes! Les payeurs de taxes devraient s'insurger contre une dépense
aussi improductive! Mis à part la réfection de l'autoroute
Dufferin corrigeant les erreurs du passé en remettant la priorité
sur les piétons et le transport en commun, les investissements
actuels favorisent tous le transport automobile. Un vrai cercle vicieux
qui entraîne des dépenses récurrentes astronomiques
sur le plan économique, nuisant encore plus au transport en commun
et insoutenables sur le plan environnemental ». De
plus, la demande induite (attractivité d'une nouvelle infrastructure
routière qui condamne celle-ci à être congestionnée
après quelques années) est un concept trop souvent ignoré
par les ingénieurs. Selon Pascal Laliberté, coordonnateur
du CRUTEC-TTA, deux récentes études menées dans la
ville de Washington (D.C.) ont démontré que chaque augmentation
de 10 % du réseau routier amène une hausse de 3,3 % des
automobilistes annuellement. « Par contre, les transports collectifs
(autobus, train, covoiturage, partage de véhicules) et alternatifs
(vélo, marche…), parce que moins énergivore en espace
et en ressources, sont l'avenue que nos gouvernements doivent privilégier
si on ne veut pas que Québec ressemble à un petit Los Angeles
nordique d'ici 20 ans ! » Par
conséquent, « les gouvernements devraient investir autant
sinon plus dans les infrastructures de transports collectifs et alternatifs
pour offrir à la population un véritable choix dans les
déplacements, ce qui n'est pas le cas présentement, mentionne
Ann Bourget, présidente-directrice générale de Vivre
en ville. Il s'agit de la seule alternative vraiment durable ». Les sommes dépensées dans les infrastructures automobiles devrait être les mêmes que celles investies dans les infrastructures de transports collectifs et alternatifs. Tant que l'on ne rééquilibra pas les investissements (auto)routiers avec ceux des transports collectifs et alternatifs, ces derniers ne pourront être structurants et resteront marginaux. Autrement dit, si le ministère des Transport du Québec (MTQ) investit 10 M $ pour le pavage d'une autoroute, il devrait investir obligatoirement 10 M $ dans le développement d'infrastructures de transports collectifs efficaces, d'infrastructures cyclables utilitaires (pistes cyclables au centre-ville servant pour les déplacements entre le domicile et le lieu de travail, supports à vélos, casiers et douches sur le lieu de travail) et d'infrastructures piétonnières plus conviviales et sécuritaires (les usagers du transport en commun et les automobilistes sont avant tout des piétons). Progressivement, si les infrastructures et les équipements de transports collectifs et alternatifs sont nombreux et de qualité, les citoyen(ne)s effectuerons le transfert de mode de transport de « l'auto-solo » vers le transport en commun, la marche, le vélo, le covoiturage. La réduction de la dépendance automobile de tous sera alors effective. Conséquences de tout cela : le réseau routier sera moins utilisé et sa durée de vie, prolongée, ce qui coûtera bien moins cher aux gouvernements (et à nous, contribuables) à long terme. Pascal
Laliberté
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